Billet d’humeur #4

Argent ? Non, souveraineté, liberté

            Mon petit billet d’humeur portera aujourd’hui sur le Brexit, actualité la plus chaude du moment. Vous n’êtes pas sans savoir que le Royaume-Uni a décidé par référendum de sortir de l’Union Européenne. Cet article n’aura pas pour objet de détailler les aspects juridiques et économiques de cette décision, mais bien de désamorcer quelques fables et dessiller vos yeux quant à la philosophie globale du système.

            Premier point que j’aimerais aborder, le catastrophisme. Vous avez du assez l’entendre, les dix plaies d’Égypte devaient s’abattre sur le royaume de sa Majesté. Encore ce jour-même, les journalistes alignés s’en donnent à cœur joie en disant : vous voyez bien que c’est une catastrophe, tous les riches s’en vont du pays, la bourse s’effondre, la note du Royaume-Uni est dégradée. Passons sur la propagande pré-Brexit, nous avons désormais assez à faire avec celle d’aujourd’hui. Tout d’abord concernant les « riches », de qui parle-t-on ? Des spéculateurs qui ont amassé profits par une usure délirante ? Oui, tout à fait. Ce sont eux que Paris accueille à bras ouverts en ce moment même, des financiers véreux, apatrides, et qui changent de drapeau comme de chemise. La note est dégradée ? Il faudrait s’intéresser à qui sont ces organismes de notation, qui jouent un rôle prépondérant dans les taux appliqués aux obligations et agissant directement sur la dette des États. La bourse s’effondre ? Ne m’attendez pas pour pleurer sur le sort de multinationales qui prendront les voiles au moindre souci avec nous, les autochtones Français. Vous l’observez bien, cette panique n’est qu’à moitié incontrôlable, et il y a fort à penser que certaines décisions prises le soient dans un dessein également punitif et dissuasif. Il suffit de repenser à la crise de 2008 et à la conduite plus que suspecte de la banque fédérale américaine dans la réorientation des taux, dans les fameux actifs pourris qui ont valu la chute de Goldman Sachs, ainsi que les opérations passant des dettes privées en dette publiques par recapitalisation des États.

            Ce catastrophisme économique est bien entendu largement exagéré, surtout lorsque l’on sait combien les enjeux sont importants concernant d’autres phénomènes comme celui de la bulle chinoise. Non, je crois que le point sur lequel appuyer se situe bien plus en amont, et il concerne directement la philosophie bourgeoise et tout ce qu’elle sous-tend. On va, et sans retracer la genèse du modernisme, du libéralisme, partir de ce postulat qui est que l’essence de la philosophie libérale et bourgeoise est : l’économisme comme épistémologie et le progressisme comme éthique.

            Partant de là, il n’est pas étonnant d’observer les réactions de nos élites et de leurs haut-parleurs les journalistes. On leur parle de souveraineté, de liberté, ils nous parlent économie. On peut tout aussi bien dire que dans l’hypothèse où les Allemands durant l’occupation auraient amené la prospérité économique, il était souhaitable qu’ils s’installent et qu’on leur brosse les chaussures. Il est bien évident que pour ces personnes déconnectées, le Français est désormais un beauf qui du moment qu’on le nourrit correctement et qu’on lui laisse consommer paisiblement, se satisfera de sa condition infamante. Il est en cela étonnant de voir les adorateurs de Voltaire, de Montesquieu, de Kant et j’en passe, faire désormais fi de l’idéal démocratique, qu’ils ont affiché pourtant comme leur étendard. Le fait que des commissaires non-élus aient un pouvoir surdimensionné sur les représentations nationales et même européennes ne les choque en aucun cas. Tout va bien Madame la marquise.

            Il est désormais évident que le Brexit, qui n’est pas encore acté rappelons le, la procédure de l’article 50 n’étant pas encore enclenchée (il faudra se méfier!), étant maintenant voté, il va s’agir durant les mois à venir de désamorcer la bombe qui risque d’exploser et d’enfumer les européens dans un catastrophisme béat, de cacher les vrais enjeux de cette sortie. Pour nous, il s’agira de rendre une partie de leur liberté aux peuples européens !  Qui vivet videbit !

Jérôme.

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