L’option Samson, ou la véritable menace nucléaire pour «l’Occident »

A l’heure où l’emballement médiatique fait rage et tente de terroriser l’ensemble de la population, il est venu de restaurer quelques vérités et d’aborder quelques points historiques quant à l’utilisation de l’arme nucléaire.
Ici je ne reviendrai pas sur l’holocauste nucléaire avalisé il y a maintenant plus de 60 ans par Truman, mais plutôt sur une doctrine bien moins connue, mais tout aussi redoutable.
L’option Samson, je l’ai découverte dans le livre de Laurent Guyénot portant sur les grands évènements qui ont clairement été le fait de manipulations diverses au cours de l’histoire américaine( 1).
A l’évocation de cette « option », Guyénot citait plusieurs journalistes ayant enquêté sur ce secret de polichinelle. Je vais ainsi vous rapporter ces éléments éclairants.
Selon le journaliste d’investigation américain Seymour Hersh, l’origine de cette expression et son utilisation remontent aux années 60, initiées par David Ben Gourion, Shimon Peres ou encore Levi Eshkol, d’anciens premiers ministres, en référence à la figure biblique Samson. Samson est notamment connu pour avoir fait s’effondrer un temple de Philistins, eux qui l’avaient capturé et humilié, en en tuant de ce fait plusieurs milliers. Cet épisode biblique étant mis en contraste dans son livre avec une réalité historique, celle de Masada, où les juifs Sicaires préférèrent se suicider collectivement plutôt que d’être réduits en esclavage par les Romains( 2).
Un autre journaliste que l’on peut ici citer, David Hirst, a cité dans son livre paru en 2003 l’historien militaire Martin Levi Van Creveld : « We possess several hundred atomic warheads and rockets and can launch them at targets in all directions, perhaps even at Rome. Most European capitals are targets for our air force. Let me quote General Moshe Dayan: ‘Israel must be like a mad dog, too dangerous to bother.’ I consider it all hopeless at this point. We shall have to try to prevent things from coming to that, if at all possible. Our armed forces, however, are not the thirtieth strongest in the world, but rather the second or third. We have the capability to take the world down with us. And I can assure you that that will happen before Israel goes under. ». Je ne traduirais pour les lecteurs non-bilingues que la dernière phrase, résumant parfaitement la pensée de Van Creveld : « Je peux vous assurer que cela arrivera avant que la chute d’Israël ne soit ».
L’écrivain et journaliste Ron Rosenbaum a lui-même fait part de son inquiétude en évoquant le fait qu’Israël pourrait entrainer un deuxième holocauste, bien plus dévastateur, et ce en détruisant aussi bien les lieux saints de l’Islam que les capitales européennes ne s’étant pas soumises à ses volontés ( 3).
Un autre auteur, mais là allemand, a récemment et de manière vigoureuse alerté sur le programme nucléaire israélien, il s’agit de Gunter Grass dans son poème « What must be said » ( 4). . Ce poème fut critiqué en Israël, notamment par un poète survivant de l’holocauste, faisant pour l’occasion œuvre de Chutzpah en y insérant une phrase dans la lignée des sous-entendus offerts par Bibi Netanyahu dès que l’on évoque la sécurité de l’État d’Israël: « If you force us yet again to descend from the face of the Earth to the depths of the Earth — let the Earth roll toward the Nothingness » ( 5).
Israël n’a jamais admis officiellement posséder l’arme nucléaire. C’est tout le principe de sa politique en la matière, jouer sur l’ambigüité nucléaire. L’exemple de Shimon Peres est très parlant, dans un film réalisé récemment sur sa personne, celui-ci s’exprime quant à la question nucléaire. Il explique que Ben Gourion, fondateur de l’Etat d’Israël, a initié la recherche nucléaire et que celle-ci s’est développée à travers la construction d’un centre aux yeux de tous, celui de Sorek et un autre secrètement, celui de Dimona. Mais officiellement pour un usage civil grâce aux matériaux radioactifs du lac de Tibériade. Peres lui préfère maintenir cette ambigüité.
Il faudrait cependant être assez naïf pour penser que l’Etat hébreu n’a pu se doter de l’arme. Il suffit de rappeler que chaque année, le gouvernement américain, satisfaisant les différents groupes de pression tribaux tels l’AIPAC, le PNAC, ou l’American Jewish Committee, accorde une enveloppe qui depuis 2007 s’élève à 3 milliards de dollars annuels. Un épisode célèbre nous éclaire également sur la réalité de l’existence d’une telle arme et d’un important arsenal nucléaire israélien. Lors de la guerre de Yom Kippur, le défenseur zélé d’Israël qu’était Nixon a été sommé par Golda Meir, chef de l’Etat hébreu en 1973, d’apporter une aide conséquente à Israël contre la coalition arabe, via une menace à peine voilée, Meir ordonnant la mise en état de marche de 13 bombes atomiques et l’ambassadeur israélien informant le président Nixon des conséquences très sérieuses pour l’Amérique si les États-Unis n’apportaient pas immédiatement leur aide. Les États-Unis de Nixon et Kissinger apporteront effectivement leur aide à Israël. On peut considérer cet épisode comme la plus célèbre utilisation de l’argumentaire Samson reposant sur l’ambigüité nucléaire ( 6).
Car au fond, le problème n’étant pas tant l’arme nucléaire que les dirigeants d’un pays qui souhaiteraient appliquer les directives de leur texte sacré, telles celles du prophète Zacharie, s’exprimant ainsi dans le chapitre 14 : « Et voici quelle sera la plaie dont l’Eternel frappera tous les peuples qui auront combattu contre Jérusalem : il fera tomber leur chair en pourriture pendant qu’ils seront debout sur leurs pieds, leurs yeux fondront dans leurs orbites, et leur langue fondra dans leur bouche ». Souhaitons dès lors que cet État soit gouverné par des hommes raisonnables, mais au vu des dernières élections, il est fortement permis d’en douter, le pays s’enfonçant dans un extrémisme religieux.
Vous l’avez compris, en ce jour où les forces Otanesques alertent la terre entière sur le danger nord-coréen, n’ayant pourtant jamais commis d’holocauste nucléaire et qui, signe d’une nette détente, adresse via des allocutions de son chef d’Etat des exhortations au rapprochement Nord-Sud( 7). , il est nécessaire de rappeler que le vrai danger nucléaire est que le jour où Israël ne pourra plus continuer son entreprise d’expansion coloniale, qui se voit d’ores-et-déjà opposer une vive résistance, et qu’il se sentira menacé dans son existence, rien n’empêchera les futurs dirigeants de ce pays s’ils s’inscrivent dans la même politique agressive et belliqueuse de passer d’une option, à une réalisation.

Jérôme

Notes/ Sources :

  1. Guyénot, Laurent, JFK/11 Septembre – 50 ans de manipulations
  2. Hersh, Seymour (1991), The Samson Option: Israel’s Nuclear Arsenal and American Foreign Policy, Random House
  3. Rosenbaum, Ron (2012), How the End Begins: The Road to a Nuclear World War III
  4. http://www.theguardian.com/books/2012/apr/05/gunter-grass-what-must-be-said11
  5. http://www.israelnationalnews.com/News/News.aspx/154608#.VpIpVPnhDIV
  6. http://www.nytimes.com/2003/10/06/opinion/the-last-nuclear-moment.html
  7. http://www.egaliteetreconciliation.fr/Kim-Jong-un-vous-souhaite-une-bonne-annee-36974.html

jfkLe livre JFK/11 Septembre – 50 ans de manipulations de Laurent Guyénot en vente sur le site de Kontre Kulture ici à 16.95 euros.

Laurent Guyénot en débat face à Claire Colombi sur un tout autre sujet (celui du recentisme) c’est ici.

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Un commentaire pour L’option Samson, ou la véritable menace nucléaire pour «l’Occident »

  1. yohan dit :

    Je suis d’accord avec tout ce qui vient d’être dis néanmoins force est de constater que vous occultez la participation de notre cher Général de Gaulle dans le projet atomique Israélien, ce même général dont vous faites continuellement l’éloge, a juste titre je pense, disparaît bizarrement quand il s’agit de compter l’histoire de ce pays meurtrier qu’est Israël, n’oubliez pas que c’est de Gaulle qui a fourni la bombe H à Israël, c’est bien dommage je ne comprends pas d’ailleurs, lui qui nous mettait en garde contre cette communauté organisée.

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