Entretien avec Louis Lanher, auteur de l’essai « Les féministes n’auront pas l’Alsace et la Lorraine ».

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Louis Lanher est un journaliste et romancier parisien de 38 ans. il publie son cinquième ouvrage et premier essai. Il livre ici un pamphlet atypique, à mi-chemin entre l’essai humoristique et le témoignage sur un sujet épineux et politiquement incorrect : la féminisation de la société et les dégâts du féminisme contemporain.

Pourquoi avoir choisi comme thématique la féminisation de la société?

La féminisation de la société je la vis au quotidien et je me suis rendu compte qu’aujourd’hui il est difficile de se réunir entre hommes. L’élément déclencheur fut d’ailleurs l’impossibilité d’organiser un week end entre hommes avec mes potes. Il se s’est jamais fait, alors que j’ai essayé pendant près d’un an. Au contraire, quand j’ai proposé un week end entre couples, alors là il n’y avait plus de souci, et le week end a été organisé en deux sms…

Aujourd’hui, on encourage les femmes à se réunir entre elles. Je pense qu’il y a inversement beaucoup de soutien pour les femmes à socialiser notamment via les magazines féminins. prenons l’exemple du site adopteunmec.com où on met un  homme dans son caddie… l’inverse (adopteunemeuf.sex) est impossible, c’est socialement mal vu. C’est là qu’on se rend compte qu’il n’y a pas vraiment de parité.

Ainsi, tant au niveau personnel qu’au niveau sociétal il est désormais difficile de vivre sa masculinité, surtout on ne vit sa spécificité masculine que de façon négative. A l’inverse, la femme est présentée comme un être foncièrement bon et comme perpétuelle victime.

J’ai développé une théorie : je pense que, dans le milieu social que je fréquente, à savoir un environnement parisien très bobo, les femmes dépensent beaucoup d’énergie, et tout un stratagème pour contrôler les hommes, et assurer leur monogamie.

Quel serait selon vous l’origine de ce phénomène?

Selon moi, cela vient de l’application de la théorie progressiste, avec comme point d’origine la théorie du genre. Je n’y crois pas du tout et je pense que c’est une mode. il existe bel et bien des aspérités propres à chaque sexe. Tout cela m’ennuie car je n’ai pas la même intimité avec les hommes, avec les femmes ou même avec les couples…

Cela vient aussi d’un certain point de vue féministe. En fait, après mai 68, les féministes ont cherché a devenir des hommes comme les autres, mais faute de réussite elles cherchent désormais a faire l’inverse c’est-à-dire à faire des hommes des femmes comme les autres.

Pour étayer vos analyses, avez vous fait certaines lectures et recherches ?

En tant qu’ancien avocat, je suis habitué à ne prendre que les arguments qui vont dans mon sens… Ainsi je me suis d’abord basé sur des études médicales invalidant la théorie du genre, et notamment des études réalisées sur le lien entre la mère et l’enfant. Sur internet, j’ai suivi les masculinistes, et notamment les affaires de pères dans leur lutte pour leur droit de visite ou de garde. Il y a notamment la dénonciation sur ces sites du sexisme envers les hommes tels que par exemple des affiches sexistes sur le harcèlement psychologique au travail où le harceleur est systématiquement l’homme. Il y a également l’idée intéressante de remplacer le mot femme par homme dans les articles des magazines féminins : c’est évident cela ne passerait pas, ce serait considéré comme sexiste…

Sur ces sites, j’ai vu aussi une certaine violence envers les femmes… Voilà ce qui peut arriver : si les féministes en demandent trop, même des gens biens et sains d’esprit peuvent basculer dans la violence et la misogynie…

Vous dites vous même que vous venez d’un milieu bobo parisien, comment vos proches et notamment vos amis hommes ont pris le contenu du livre? 

Je suis moi-même un progressiste, je suis pour le mariage pour tous mais il y a dans mon milieu une certaine unanimité de pensée qui a fini par m’exaspérer.  Je fais référence notamment à l’intolérance et les insultes à l’encontre des manifestants de la Manif pour tous et notamment de Frigitte Barjot. Face a l’hégémonie de cette bienpensance, j’ai voulu me rebeller.

Mes amis hommes l’ont bien reçu, l’ont pris avec humour et ont été surtout flattés d’avoir été évoqués. Celui qui se prénomme David dans le livre notamment. C’est le cas aussi de ma famille  et même de ma belle mère. Mais clairement, le livre n’a rien changé à la situation…

Quels sont les réactions des lecteurs, et notamment de votre lectorat habituel?

Pour le public, il est apprécié par les femmes d’un certain âge (a partir de 40/50 ans). Les filles plus jeunes ne comprennent pas le message.  J’ai assisté à un débat au salon du livre de Hyères en mars dernier, je fus malgré moi pris à partie par trois féministes et un animateur qui prenait tout au premier degré et qui a fini par me demander de me justifier.

Globalement, mon livre a bénéficié de très peu de publicité. Le magazine Elle a par contre publié un article où ma photo est accompagnée de la légende « l’écrivain revanchard » et où je suis associé à Zemmour et d’autres « hommes » prétendument misogynes…

Je suis déçu mais pas surpris de cette absence de médiatisation. Il y a vraiment une tendance chez le journaliste à ne pas parler des sujets pour lesquels il est en désaccord. On est dans un enfermement intellectuel et on devient très agressif envers les autres. On parle de liberté  d’expression depuis les attentats contre Charlie Hebdo mais en pratique c’est plus complexe… C’est aussi pour ça que j’ai écrit ce livre, à cause de cette uniformité de pensée.

Il y a néanmoins clairement un nouveau lectorat. Mes premiers écrits sont ceux qui se sont le plus vendus. mais mon lectorat n’est pas celui qui lit celui ci.

La féminisation de la société a eu des impacts colossaux sur votre vie professionnelle, qu’en est il aujourd’hui?

On parle beaucoup des discriminations envers les femmes au travail mais on ne parle pas de l’inverse. Moi je viens d’un milieu professionnel très féminin : celui des émissions de divertissement… On recrée les différences, on hypersexualise, mais quand c’est au  bénéfice des femmes il n’y a aucun souci. Ce deux poids deux mesures est fatigant.

Aujourd’hui, je travaille dans un univers très masculin, au sein d’une agence de presse. Je n’écris pas en ce moment mais j’aimerai bien faire un autre pamphlet sur l’uniformisation de la société, sur les gens « de gauche », les bêtises des diners mondains… et sur l’idée qu’aujourd’hui il faut avoir les moyens de voter à gauche.

propos recueillis jeudi 16 avril 2015.

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Les féministes n’auront pas l’Alsace et la Lorraine est publié aux éditions Au Diable Vauvert au prix de 17 euros.

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