La genèse du pays de Champagne

Définir la Champagne est peu évident. Celle-ci ne peut être définie par ses frontières car trop changeantes au cours de son histoire. Cela ne permit pas sa réussite, sauf durant la fin de l’Ancien Régime. A défaut de la définir nous pouvons dire que cette province a effectué un effort d’organisation très important tout au long de son histoire. C’est sous cet angle que nous allons étudier l’histoire de la Champagne dans ce premier article d’introduction. Après avoir donné une définition géographique de la Champagne, nous verrons succinctement les premiers siècles de son histoire.

  • Sa géographie

– Au centre, la Champagne dite « pouilleuse » :

Pour les cartographes des XVIIe et XVIIIe siècles, il s’agit de la véritable Champagne. La nature précise de ce territoire est difficile à donner. C’était à l’origine une terre vaste non-cultivable, une sorte « d’openfield », comme disent les Anglais, où les moutons paissaient et dont on récupérait la laine pour la revendre sur les « foires de Champagne ». Géographiquement, la « Champagne pouilleuse » correspond au territoire situé entre la rivière Aisne et le fleuve Seine. Cette partie a de tout temps été une zone d’habitat peu attrayante.

– À l’ouest, la « charnière occidentale » :

Ce territoire fait la jonction entre la Champagne du nord et la Champagne du sud. Ses terroirs sont variés et privilégiés. Une des parties de cette charnière occidentale est le bassin de Reims, entouré de ses buttes (Moronvilliers, Berru, Brimont, etc.). Une autre est la « falaise de l’Île-de-France » où se trouve une bonne partie des vignes de champagne. Le vignoble est la pièce maîtresse de l’économie champenoise et a toujours été très peuplé. Pendant longtemps, cependant, ce sont les territoires de la Brie et du Tardenois, situés à l’extrême occident, qui furent davantage peuplés car ils permettaient une économie de type autarcique.

-Le croissant forestier

Cette zone forestière s’étend du sud au nord-est en passant par l’est. Elle est constituée de deux enveloppes : l’une bocagère (peuplée et cultivée) dans le croissant intérieur, l’autre forestière à l’extérieur.

À la première enveloppe appartient la « Vallée de la Seine » (entre Troyes et Montereau-Fault-Yonne) historiquement riche en commerces et en industries, le « Vallage » du nord-est et ses minerais de fer, le « Perthois », les coteaux et vallons du « Pied-des-Monts » et le « Vallage d’Aisne ».

À la seconde appartiennent les régions crayeuses du « Pays d’Othe », les terres sableuses et argileuses de la « Champagne humide », la « gaize » de l’Argonne, les calcaires du « Châtillonnais », du « Tonnerrois » et de « Langres » et enfin les terrains primaires de « l’Ardenne ».

  • Les débuts de son histoire

– La période Celtique

Il y a peu de sources lointaines attestant de l’existence de peuplement sur les terres champenoises. Les premières traces que nous avons nous indiquent une colonisation de ces territoires par des peuplades venant du sud vers la fin du VIe siècle av. J-C. De nombreuses nécropoles (environ 200 dans le département de la Marne) datant de cette époque ont été localisées vers Reims, Châlons-en-Champagne, Vitry-le-François et Sainte-Menehould.

Vers le IIIe siècle av. J-C, on observe une différenciation territoriale et ethnique très marquée entre deux tribus celtes : les Rèmes et les Belges. Quand les Romains arrivent au Ier siècle av. J-C, la Champagne est divisée entre les tribus des Lingons et des Sénons au sud et des Rèmes, dont la capitale est Durocortum (Reims) au nord.

– La période gallo-romaine puis mérovingienne

À l’époque romaine, la Champagne n’a pas d’existence légale. Elle est à cheval entre les provinces romaines de la « Gaule Belgique Seconde » et du « Lyonnais ». Avec les Mérovingiens et l’apparition du christianisme, un nouveau partage administratif la met à cheval entre les provinces ecclésiastiques de Reims et de Sens.

La domination romaine fut une période heureuse et prospère pour la Champagne. La structure du réseau routier et la création de multiples carrefours commerciaux (Langres, Reims, Châlons, Sens, Auxerre) fit sa fortune. La « porte Mars » à Reims et « l’arc des portes » à Langres témoignent de celle-ci. Pour avoir une idée de sa grandeur, Durocortum fut (seulement) la deuxième plus grande cité de l’empire romain. L’arrivée des Vandales au Ve siècle apr. J-C mis fin à la prédominance de la Champagne. La période des grandes invasions apportèrent ruines matérielles mais eurent peu d’incidences sur l’organisation économico-administrative héritée de l’époque gallo-romaine.

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